Quand son silence me blesse face à ses cris…

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Je ne supporte plus de l’entendre pleurer et que lui ne comprenne pas… Je ne supporte plus de l’entendre crier… Je ne supporte plus cette tension, ce stress inutile…

Jusqu’à présent la vie de MamanPresqueSolo était difficile pour moi, mais par chance épargnait encore pas mal BébéPanda… Elle ne réalisait pas totalement les absences de PapaPanda, elle n’avait pas conscience de la durée…

Mais elle grandit… Elle a deux ans… Elle n’est plus un bébé mais une vraie petite grande. Une vraie petite fille avec son petit caractère bien trempé. Un petite fille qui vit de plus en plus mal les absences de papa et qui les lui fait payer…

Jusque là, tout se passait aussi bien que possible. Je gère comme je peux la semaine avec la fatigue et les journées ras-le-bol… J’essaie de palier à l’absence de PapaPanda par un maximum de présence auprès d’elle et en l’incluant autant que possible malgré son absence.

Je parle de lui, j’ai mis des photos un peu partout dans la maison et surtout dans sa chambre, à sa hauteur… Et tous les soirs avant d’aller dodo et cela depuis ses un an, nous skypons avec PapaPanda pour se raconter nos journées et se dire bonne nuit… C’est un moment qu’elle attend chaque jour avec impatience et chaque soir l’heure venue, elle va chercher la tablette avant même que j’ai eu le temps de lui dire quoi que ce soit…

Mais voilà, les dernières vacances (Noël) et le passage du Cap des 2 ans furent le déclic qui a tout fait basculer…

Depuis, début janvier après avoir passé 15 jours de vacances à la maison avec nous (ce qui est rare), PapaPanda n’a pas eu d’autre choix que de repartir…

Et c’est là que tout a changé chez BébéPanda…

Le soir venu elle réclame Papa comme tous les soirs, elle demande à skyper. Mais dès que le visage de son père apparaît à l’écran Mlle se réfugie contre moi, refuse de lui parler, repart jouer sans vouloir dire un mot à son père.

Le week-end arrive et PapaPanda rentre un peu plus tôt  en ce moment et peut être là pour le coucher du vendredi soir. Elle lui saute au cou, des bisous, des câlins, des je t’aime… Ouf, tout va bien…  Enfin, pour quelques minutes seulement…

Arrive le moment du change et de la mise en pyjama et là c’est une toute autre histoire. Normalement, le coucher se passe dans le calme, nous avons une chance énorme et j’en ai conscience.

Je ne sais pas si c’est simplement que Mlle aime bien aller dormir ou si c’est tout le rituel que nous avons instauré ( qui effectivement nous force à mettre nos envies et notre vie d’adulte de côté au profit de son bien être depuis 2 ans). Mais dans tous les cas, elle nous le rend bien, et qu’est ce que quelques heures à son rythme contre une soirée paisible et des heures de sommeil.

Bref…

A chaque retour, Mlle refuse catégoriquement que papa s’occupe d’elle, et réclame maman en boucle. On essaie de lui demander pourquoi mais un seul mot sort de sa bouche. MAMAN!

Papa capitule. Nous n’avons pas l’habitude de la forcer. Nous essayons autant que possible de l’écouter et de la laisser libre de ses choix et de ses actions (tant que cela ne touche pas à sa sécurité et son bien être bien évidemment).

Certains diront que nous la laissons trop faire, que nous répondons trop à ses demandes (oui, comme tous les parents, ça me fait chier quand je viens enfin de poser mon cul sur le canapé, de devoir me lever parce que Mlle veut me montrer quelque chose dont je me fous totalement… mais je le fais).

Non, nous ne laissons pas tout passer mais nous essayons (j’ai bien dit essayé car c’est pas toujours facile) de gérer dans le calme en essayant de lui faire comprendre et non pas en lui imposant. Et honnêtement, malgré quelques couacs dans l’ensemble cela se passe bien. Elle est épanouie, calme et polie, et nous plus calme à ne pas trop être sur son dos. Ce n’est pas parfait mais c’est en accord avec nos envies et notre vision de l’éducation.

Enfin, ça c’était Nous avant… C’est toujours moi… Mais ce n’est plus lui… Ni elle avec lui…

Un mois a passé, les week-ends se sont enchaînés et rassemblés. BébéPanda joue, fait des câlins, des bisous, des je t’aime à PapaPanda, mais elle refuse son autorité et qu’il s’occupe d’elle.

Elle refuse qu’il l’aide dans quoi que ce soit (même pour attraper son verre trop loin), elle refuse qu’il l’habille, la change… Elle ne l’écoute plus quand il lui dit quelque chose. Et il le vit mal.

Je comprends sa frustration. Je comprends qu’il souffre de cette forme de rejet de sa fille. Qu’il culpabilise de son absence et qu’il ai peur que cela la perturbe plus. Je comprends sa peine à chaque non, à chaque fois que sa petite main l’éloigne de lui. Je ressens son désespoir et sa colère.

Oui sa colère! Non, pas contre elle, mais contre ce boulot qu’il n’aime plus. Contre ce boulot qui le pèse et l’éloigne de nous. Contre ce boulot qui se termine bientôt mais dont il ne voit pas la fin.

Je comprends tout ça… Mais je ne supporte pas que sa colère l’aveugle et que nous en pâtissions.

Je ne supporte plus que sa frustration soit telle, qu’il réagisse de suite en haussant le ton face à ses non. Qu’il refuse son choix et lui impose ses décisions.

Je ne supporte plus qu’il aille à l’encontre de ce sur quoi nous étions d’accord depuis le début, et qu’il refuse de m’écouter.

Qu’il refuse mes conseils non pas parce qu’il pense qu’ils sont mauvais mais par orgueil car pour lui cela voudrai dire qu’il ne sait pas faire, qu’il ne sait pas COMMENT faire.

J’ai la chance d’être avec elle chaque jour, de la voir évoluer et de la gérer au quotidien et j’aimerai qu’il en soit de même pour lui. Mais ce n’est pas le cas et je n’y suis pour rien. Ce n’est pas mon choix. Je ne vais pas m’en excuser car je ne fais rien de mal. J’ai assez culpabilisé et je culpabilise encore..

Mais je ne peux pas accepter de l’entendre hurler, pleurer simplement par ce qu’elle ne veut pas que ce soit papa qui s’occupe d’elle. Je ne veux pas prendre sa place mais je ne veux pas avoir à supporter ça. Je ne veux pas que mes week-ends, mes vacances, soient synonymes de stress et de conflit.

Alors hier soir j’ai pleuré. Hier soir je l’ai laissé faire… Je l’ai laissé préparer BébéPanda dans les pleurs et les cris… Pour lui, ce n’est que du caprice. Pour lui, elle doit apprendre qu’elle ne peut pas toujours faire comme elle veut. Ce n’était pas le PapaPanda que je connais. Celui qui avec qui je partage les même points de vue. C’était sa colère et sa frustration qui le contrôlaient.

Alors il ne faisait rien de mal. Il la mettait juste en pyjama. Il n’y avait rien de grave… Juste ces cris de désespoir appelant maman.

Je suis restée là à pleurer… A me dire « Mais putain!!!  Elle n’a que 2 ans!!!  Cela lui passera, c’est toi l’adulte. C’est à toi de comprendre et d’accepter cette phase… Oui c’est dur, mais elle n’a que 2 ans… Oui, elle est Intelligente et elle comprend beaucoup de choses, mais elle ne peut pas comprendre l’implication que te demande la Marine… Mais toi tu peux comprendre qu’elle n’ai pas d’autres moyens d’exprimer sa frustration à elle.. »

Je ne pouvais pas y aller, je ne voulais pas intervenir et casser son autorité paternelle. Je ne voulais pas y aller et risquer une engueulade devant elle (car oui je savais que là ça sortirai tout seul).

Je savais qu’il n’y avait rien de mal… Juste une incompréhension père/fille comme il y en aura d’autres. Je savais que de l’entendre pleurer il ferai encore plus attention à ces gestes et ses mots envers elle et qu’il serai encore plus doux que d’habitude.

Je savais mais j’ai pleuré.

Et il l’a vu. Il a capitulé pour le coucher. Je lui ai lu son histoire et j’ai calmé ses sanglots…

Lui est aller se mettre au lit. Me tournant le dos, sans un mot… La nuit est passée mais il ne me parle toujours pas. Il a changé d’attitude avec elle. Mais ne me parle pas. Il a reprit son rôle de père, adouci. Et même si ce n’est pas encore ça, BébéPanda est plus réceptive et le lui rend mieux. Et il le voit. Mais ne me parle pas.

J’ai appris avec le temps à attendre que le mur qui se dresse entre nous dans ses moments là se brise. J’ai appris à souffrir en silence de SON silence.

J’ai appris à arrêter de m’excuser pour rien. J’ai appris à arrêter de me faire du mal en culpabilisant de savoir plus que  Lui.  Je suis celle qui est là,  celle qui reste et c’est normal. Ce ne veut pas dire que le lien qui me lie à elle est plus fort, au contraire je pense, mais je suis celle qui apprend à gérer au quotidien et qui se remet sans cesse en question (Trop même peut être).

Voilà, une matinée est passée. J’ai écrit entre deux préparations culinaires, entre deux Duplo Minnie et trois demandes de la Reine des Neiges.

J’ai écrit pour arrêter de tourner ça dans ma tête dans le vent en attendant qu’il revienne.

Il a posé sa main sur ma cuisse alors qu’elle lui fait un calinou d’amour. Il lui faut du temps…

Il nous faut du temps pour grandir et avancer ensemble… Il leur faut du temps pour se comprendre. Il faut du temps pour casser ce silence. Il faut juste du temps… Nous en avons besoin. Et nous en aurons bientôt…

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Une réflexion sur “Quand son silence me blesse face à ses cris…

  1. Marina Flageul dit :

    quand je suis rentrée de la maternité avec mon deuxième , ma fille a eu la même réaction que ta fille vis à vis de moi….çà a été très dur psychologiquement, j’en ai pleuré aussi (j’étais donc du même côté que ton mari)…elle avait quasi 19 mois .C

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